floralies
acrylique sur toile
2020
à propos de floralies ...




Cette série a trouvé sa raison lorsque, voulant en faire un hommage à Joan Mitchell, j’ai compris qu’elle pouvait au mieux être une référence aux fêtes des floralies, pendant lesquelles, dans des temps très anciens, Zéphyr s’unissait à Chloris, les nuits de danses folles.

Ces fêtes où Titus pouvait enfin imaginer épouser Bérénice, où Bérénice enfin pouvait voir ses espoirs comblés de posséder Titus.

J’ai réinventé et improvisé ces jeux de fleurs dans mes tableaux, les faisant pousser dans des espaces saturés de matière comme une sauvagerie de nature infranchie.

Inaccessible milieu qui en se parant de fleurs ouvrant leur calice dans la danse du vent, offrent leurs couleurs et leurs pétales informes à la contemplation, s’étiolent au long des heures passées et finissent fragiles et sans éclats par se recroqueviller, mourir et disparaître dans la masse confuse de la peinture.

Parfois, au travers de tous ces entrelacs, au travers de ces embrouillaminis de traces et de surfaces, on peut voir qu’il y a du lointain. Dans un arrière-plan, on distingue du ciel ou peut-être autre chose qui compose un paysage.

Mais on ne peut y aller, il n’y a pas de belles allées gravillonnées comme à Giverny dans ces espaces, pas non plus de chemins herbeux comme à Vétheuil.

On s’y noie plutôt, on sent les parfums qui exhalent, on se délecte des couleurs et des lumières qui éclatent parfois ou qui parfois restent froides et humides selon qu’elles sont humeur ou qu’elles sont de saison.

On ne peut y aller qu’en pensée car un plan, en avant, un réseau vectoriel violemment projeté en des sens opposés, quadrille la nature, comme le plomb des vitraux qui, en portant le verre, structurait le récit biblique jusqu’à nos jours dans les églises et dans les cathédrales.


92cm x 65cm